Est-ce que la langue des signes est universelle?

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Ce que tu trouveras dans cet article de blog

1. Est-ce que la langue des signes est universelle ?

La question revient souvent en atelier bébé signe, surtout chez celles et ceux qui découvrent cette belle forme de communication. Réponse courte : non, la langue des signes n’est pas universelle. Elle varie d’un pays à l’autre, exactement comme les langues orales.

Dans cet article, je t’explique pourquoi chaque langue des signes est unique, comment elles se sont construites à partir de cultures différentes, et quel rôle elles jouent aujourd’hui auprès des personnes sourdes et malentendantes — mais aussi auprès des bébés entendants.

2. La diversité des langues des signes

La langue des signes est une langue à part entière, riche et complexe, avec sa propre grammaire et sa propre syntaxe. Et elle varie énormément à travers le monde.

Quelques exemples :

  • LSF : Langue des signes française
  • ASL : American Sign Language (États-Unis)
  • BSL : British Sign Language (Royaume-Uni)
  • DGS : Deutsche Gebärdensprache (Allemagne)
  • LSQ : Langue des signes québécoise

Plus surprenant : la LSF et l’ASL sont historiquement cousines (l’ASL descend de la LSF grâce à Laurent Clerc en 1817), tandis que la BSL est totalement différente, alors que les deux langues orales sont l’anglais.

Chaque communauté sourde a développé ses propres signes et conventions gestuelles, créant ainsi des langues distinctes à part entière.

3. Pourquoi la langue des signes n'est-elle pas universelle ?

Tout comme les langues orales, les langues des signes se sont développées de manière indépendante, portées par leurs cultures, leurs influences sociales et leurs trajectoires historiques.

L’abbé Charles-Michel de l’Épée, souvent considéré comme le père de la LSF, a contribué à sa formalisation et à sa diffusion en France au XVIIIᵉ siècle. Mais d’autres pays ont développé leurs propres systèmes en parallèle, indépendamment de la France.

Des signes culturellement marqués

Certains signes sont représentatifs de la culture où ils sont nés. Par exemple, l’expression « le toit de la maison » varie d’un continent à l’autre selon l’architecture locale. Le signe pour « salon » en LSF évoque la fumée qui s’échappait autrefois par la cheminée.

Des signes de base parfois identiques

Certains signes universels (ou presque) restent reconnaissables d’une langue à l’autre : manger, boire, laver, dormir… Ce sont souvent des gestes icôniques (le poing qui mime la main qui porte de la nourriture à la bouche, par exemple).

Une syntaxe complètement différente

Si tu regardes une émission en LSF, tu auras du mal à faire le lien avec le français. La syntaxe est complètement différente : on ne traduit pas les mots les uns à la suite des autres. C’est une vraie gymnastique de l’esprit — et c’est aussi ce qui en fait toute la richesse.

4. L'importance de la langue des signes pour les Sourds et malentendants

Pour les personnes Sourdes et malentendantes, la langue des signes est bien plus qu’un moyen de communication : c’est un lien vital avec la communauté Sourde. Elle permet une pleine participation sociale, éducative et culturelle.

Les jeunes Sourds, en particulier, bénéficient grandement de l’apprentissage de la langue des signes dès le plus jeune âge. Les cours de langue des signes sont essentiels pour les intégrer dans la communauté Sourde et les aider à développer leurs compétences de communication

5. Combien de personnes sont concernées en France ?

Interdite en France pendant près de 100 ans (merci le congrès de Milan en 1880… j’en parle en détail dans mon article La Langue des Signes Française interdite pendant 100ans : Son histoire), la LSF est aujourd’hui en plein renouveau.

Quelques chiffres :

  • 100 000 personnes pratiquent la LSF en France
  • 1 enfant sur 1 000 naît sourd
  • 6,6 % de la population française souffre d’un déficit auditif

Moi-même, j’ai parfois du mal à bien entendre lorsqu’il y a beaucoup de bruit. La sensibilisation aux langues des signes nous concerne donc bien plus largement qu’on ne l’imagine.

6. Apprendre la langue des signes : un atout précieux

Apprendre la langue des signes — que ce soit la LSF, l’ASL ou une autre  offre de nombreux avantages :

  • Communiquer avec les personnes Sourdes et malentendantes
  • Enrichir sa compréhension de la diversité linguistique et culturelle
  • Développer sa motricité fine et son expression corporelle
  • Activer des zones cérébrales liées à la mémoire visuelle

Des cours sont disponibles pour tous les âges : programmes pour enfants Sourds, cours du soir pour adultes, formations pour interprètes, ateliers parents-bébé…

7. Le bébé signe : communiquer dès la petite enfance

Le bébé signe est une pratique où les parents enseignent des signes simples à leurs enfants entendants avant même qu’ils ne puissent parler. Cela aide à réduire la frustration des bébés en leur permettant de communiquer leurs besoins et leurs envies.

Les recherches montrent que les enfants qui apprennent les signes dès la petite enfance peuvent avoir une transition plus facile vers le langage oral.

Mon expérience avec Yan

J’ai testé cet outil avec Yan quand il était bébé. Et c’était magique :

  • Fini les frustrations et les incompréhensions
  • Bébé était fier de se faire comprendre
  • Et heureux qu’on réponde à ses besoins

J’ai donc créé des ateliers pour partager cela avec d’autres parents. Et aujourd’hui, je forme aussi les pros qui veulent transmettre le bébé signe à leur tour.

J’ai « testée » cet outil avec mon fils , quand il était bébé. et c’était magique : 

Fini les frustrations, les incompréhensions.

Bébé était fier de se faire comprendre, et heureux que l’on réponde à ses besoins.

Tu es pro de la petite enfance et tu veux animer des ateliers bébé signe ?

Mon programme Les Mots en Mouvement (245 €) forme les pros  accompagnantes périnatales, animatrices RAM/RPE, EJE, assistantes maternelles, doulas — à animer des ateliers parents-bébé autour des signes issus de la LSF. Méthodologie d’atelier + corpus de signes + supports prêts à l’emploi + accompagnement.

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Questions fréquentes

Non, la langue des signes n’est pas universelle. Chaque pays possède la sienne : LSF en France, ASL aux États-Unis, BSL au Royaume-Uni, LSQ au Québec, DGS en Allemagne. Les linguistes recensent plus de 300 langues des signes dans le monde.

La LSF et l’ASL sont historiquement cousines (l’ASL descend de la LSF grâce à Laurent Clerc en 1817), mais elles ont évolué indépendamment depuis. Aujourd’hui, leur grammaire et leur lexique restent proches sur certains points, mais une conversation complète nécessite un apprentissage spécifique.

Il existe l’International Sign (IS), parfois appelé « Gestuno », utilisé dans les rencontres internationales (congrès, festivals, JO sourds). Mais ce n’est pas une vraie langue native : c’est plutôt un système de communication simplifié, bâti à partir de signes communs.

Oui, le bébé signe utilise des signes issus de la LSF, simplifiés et adaptés à la motricité fine des bébés de 8 à 24 mois. C’est aussi une belle façon de transmettre la culture sourde dès le plus jeune âge.

Une base de 30 à 50 signes du quotidien suffit largement pour qu’un bébé puisse exprimer ses besoins essentiels : repas, sommeil, émotions, jeux, demandes. Les signes s’apprennent au rythme du parent et de l’enfant, sans pression.

Ce qu'il faut retenir

3 piliers à mémoriser

  1. La langue des signes n’est pas universelle : chaque pays a la sienne (LSF, ASL, BSL, LSQ…), avec sa propre grammaire et sa propre syntaxe
  2. Quelques signes de base restent reconnaissables d’un pays à l’autre (manger, boire, dormir), mais une conversation complète demande un apprentissage spécifique
  3. Le bébé signe s’appuie sur des signes LSF simplifiés : un outil concret pour communiquer avec bébé avant la parole, et une belle porte d’entrée vers la culture sourde

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